Survie? Non, vie!

La "règle des trois", édictée par Ron Hood et complétée par David Manise

Vous aurez pu constater que dans ma liste de « lectures » favorites sur la toile se retrouvent plusieurs blogs ou sites internet traitant de survie, urbaine comme dans la nature. Voilà en effet un de mes domaines de prédilection, depuis fort longtemps déjà, même si je n’ai franchi le pas de la pratique que depuis quelques années à peine.

J’ai bien pratiqué en dilettante divers arts-martiaux depuis adolescente, mais mon approche était plus sportive qu’autre chose.  Ce n’est que bien plus tard que mon regard changea sur l’art du combat, pour intégrer au fur et à mesure davantage la notion de défense et protection personnelle (je ne peux d’ailleurs que conseiller les formateurs de l’ACDS en ce domaine…). Voilà, en gros, pour la partie « survie urbaine ».

Pour l’aspect nature, je citerai ce que l’on nomme bushcraft, c’est-à-dire l’art de (sur)vivre dans la « Verte » en utilisant tout ce que celle-ci met à notre disposition pour se nourrir (donc user de chasse, de pêche, apprendre à reconnaître les plantes…), se faire un abri ou du feu, etc.  J’ai eu le plaisir de suivre des stages en ce sens lorsque j’étais en Belgique, et je n’hésiterai pas à faire de même ici en France dès que possible.

Des stages ?  Des formations ?  Et oui, car la « débrouille » en nature comme en ville n’est pas innée pour la plupart d’entre-nous, et s’abandonner au hasard ou à la chance est une démonstration patente d’un manque de maturité et de responsabilité aussi dangereux pour soi-même que pour les autres.

Dans nos régions « libres et riches », nous pouvons accéder à nombre d’informations, par le biais d’une littérature pertinente en la matière (je pense notamment au blog de Fred Bouamache auteur du guide Protegor, ou celui de Vol West, alias Le survivaliste, ou encore le récent « TacticalMagazine »), et avons même la possibilité d’échanger facilement grâce à internet et ses forums, même s’il faut toujours rester très, très circonspects quant à ce qu’il en ressort (trop) souvent…

Mais, surtout, nous avons la chance de pouvoir bénéficier relativement aisément de l’enseignement de professionnels en la matière, ce qui reste encore le mieux à faire pour éviter les pires déconvenues !  En voici quelques protagonistes :

  • Pour l’aspect « nature », le CEETS en France (qui propose également des stages plus « urbains ») et SurvieS.be en Belgique, sachant que si l’on y apprend certes comment faire un feu ou un abri, y sont surtout enseignés des essentiels tels que la régulation thermique, l’orientation, la signalisation, les premiers soins… plus qu’utiles en ville également !
  • Pour l’aspect « urbain », l’ACDS, en Belgique, en France et en Suisse, propose des cours et stages de Protection et Défense Personnelle, et la Croix-Rouge (international), entre autre, dispense diverses formations de secourisme.

Mais revenons-en au terme de « survie »… car je n'aime personnellement pas l'utiliser pour parler d'un mode de vie, d'un métier ou d'un loisir.  Ce que l'on nomme communément « survie urbaine » (en tant qu'apprentissage et activité régulière ou épisodique) est tout bonnement une existence menée en toute conscience de son environnement (urbain, social), se rendre apte à se prendre en main et agir adéquatement en toutes circonstances.  De même, la « survie dans la nature » (idem), est simplement la vie sauvage, en union avec la Nature, être conscient de ce qu’elle est et non plus fantasmer sur ce que l’on voudrait qu’elle soit, et par extension la volonté de vouloir être plus autonome et agir en conséquence. A mon sens, il ne s'agit pas dans ce cas-ci de survie mais d'Autonomie (je ne dis pas que cela est forcément toujours facile et agréable, j'en conviens!), et cette seconde est évidemment indispensable (ou du moins c'est un grand plus) à la première, si le contexte de vie devait se dégrader.

Autrement dit, exister en mode « autruche » n’est pas pour moi vivre, mais « sous-vivre »… A contrario, chercher continuellement à agir et emplir le moindre de ses souffles de conscience n’est pas « survivre* », mais « vivre** », tout simplement...

Le code couleur du Lieutenant Colonel John Dean Cooper, très bien expliqué par Vol West ici

* le terme de « survie » prend par contre tout son sens lorsque l’on parle de contexte réellement dégradé, c’est-à-dire se retrouver dans une situation de guerre, de catastrophe urbaine ou naturelle, ou « simplement » sans-abri... La survie correspond à une tranche de vie (et je suis bien consciente que, pour certains, celle-ci dure malheureusement leur existence entière…) mais n’est en aucun cas un mode de vie. Il ne faut pas confondre, comme c'est le cas pour beaucoup, « vie rustique » et « survie »…

** pour « vivre » vraiment, et non plus « sous-vivre », il n’est pas forcément nécessaire de pratiquer les arts-martiaux, ni d’aimer s’enfoncer dans la brousse (je connais des férus de l’un et de l’autre qui sont pourtant loin de ce que j’appelle vivre vraiment !), mais un maximum de conscience, à tous les niveaux, est absolument indispensable.  Et comme tout, cela s’apprend…

2 commentaires:

  1. Excellente analyse à l'heure ou la survie fait couler beaucoup d'encre entre les illuminés faibles d'esprit et la vague d'un marché attisé par les niaiseries télévisées.

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    1. Il ne m'a pas été aisé de formuler ma pensée de manière à la fois concise et claire, éviter les malentendus dans ce domaine si décrié reste plutôt ardu... donc merci à vous pour votre retour encourageant!

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