Histoire de mots


Parce que des questions se perdent, et que l’on s’interroge, ce qui est bien normal (et plutôt sain !). Parce qu’il y a beaucoup trop de superstitions et de fantasmes, et qu’il serait tant de grandir un peu. Parce que l’on me le demande, souvent, tout simplement…

Les définitions qui vont suivre sont volontairement brèves, et évidemment non exhaustives, dans la mesure où de telles notions ne peuvent s’expliquer en quelques mots (ni en quelques livres…).  Pour réellement en comprendre toutes les subtilités, il faut mettre en pratique…

Voici donc les termes qui reviendront souvent au détour de mes articles et humeurs :

Occultisme

Le terme a été créé assez récemment, au 19e siècle, et serait le fait de l’Abbé Alphonse Louis-Constant, plus connu sous le nom d’Eliphas Lévi, auteur de « Dogmes et Rituels de Haute-Magie » (entre autre).

Sous ce vocable sont réunies toutes les sciences dites « occultes », c’est-à-dire celles qui ne sont abordées qu’à mi-voix, celles que l’on croit cachées (ou pire, que l’on cache ou laisse caché délibérément !), celles que l’on craint, celles qui fascinent, celles que l’on nie ou que l’on ignore, celles que l’on ne peut comprendre par l’unique raison ni prouver de manière matérielle…

D’ailleurs, en parlant de preuve matérielle, de « raisonabilité » : il n y a pas si longtemps, l’électricité était perçue comme de la magie… jusqu’à ce qu’un petit génie, faisant fi de toute superstition et assez curieux (volontaire !) pour creuser la question, n’en comprenne le mécanisme, et arrive de surcroît à la reproduire !

Quelques exemples de domaines « occultes » (et occultés…), en vrac : la Magie et la Sorcellerie, bien entendu, la divination, l’astrologie, le magnétisme, le spiritisme, la télépathie… mais également la maîtrise des pensées, la respiration consciente, l’autosuggestion et l’influence sur autrui…

 "Le laboratoire de l'Alchimiste" par Heinrich Khunrath

Magie

L’étymologie en est incertaine, mais le terme découlerait de l’ancien perse « magus », qui désignait les prêtres du peuple du même nom.

La magie est, pour paraphraser le Mage Franz Bardon, la Science des sciences, car elle enseigne ce que sont les Lois Universelles auxquelles toute existence est soumise (comme le cycle naissance-vie-mort par exemple), comment celles-ci fonctionnent, et comment les utiliser.

Il va sans dire que la maîtrise magique demande beaucoup de travail sur soi, beaucoup d’introspection, d’efforts, de persévérance, d’assiduité, de volonté, d’humilité, d’ardeur, de patience, de lucidité… de sagesse… Savoir et Pouvoir sont à ce prix !


"The four seasons" by Marcel Rotzinger

Sorcellerie

Le terme de Sorcière (et Sorcier), et par extension de Sorcellerie, dériverait du latin « sortarius », c’est-à-dire la et le jeteur, ou diseur, de sorts. En d’autres termes, il s’agit de celui ou celle prenant, à la force de sa volonté et de sa sagesse, pour ne citer qu’elles, la maîtrise de son destin, et des destins ! Le hasard n’existe pas, et c’est encore plus vrai en Sorcellerie…

Oubliez les définitions que l’on trouve dans la plupart des ouvrages traitant d’occultisme : la Sorcellerie n’est PAS synonyme de basse magie ! On y compare le Mage à un ingénieur au fait de tous les mécanismes du rouage universel, et le Sorcier à l’ouvrier qui les utilisent sans les comprendre… Raccourci sous l’empire de l’ignorance, car la basse magie est à la Magie ce que la basse sorcellerie est à la Sorcellerie, ni plus, ni moins.

En vérité, la Sorcellerie authentique est l’aspect le plus rude, pesant et sauvage de la Magie. Elle s’affranchit des notions humaines et dualistes de bien et de mal, elle plonge au plus profond de l’être pour réveiller les démons qui y sommeillent, y compris et en particulier les plus sombres et les plus effrayants, et ce dans le seul but de donner à l’intéressé la possibilité d’en prendre la maîtrise et d’en faire des outils de puissance et d’évolution !

Une connaissance accrue de soi et une prise de contrôle aussi fluide que permanente des forces qui interagissent en son sein permettent à la Sorcière et au Sorcier d’étendre son emprise au-delà de son propre individu, sur les forces à l’extérieur de lui, de celles qui font gronder l’océan et jaillir la lave des volcans…

La Sorcellerie est un Art, celui de la Nature, et de sa propre nature, qui en somme sont une seule et même chose…


Les Nornes, fileuses du Destin, représentent les trois temps : passé, présent et futur


Spagyrie

Spagyrie est en quelque sorte synonyme d'Alchimie, on use généralement de ce terme pour désigner le travail fait sur le végétal (et ce même si des substances animales et minérales peuvent intervenir ou carrément s'y substituer), raison pour laquelle on la nomme souvent « alchimie des plantes ».

« Spagyrie » est un terme crée par Paracelse (1493-1541), qui le tire du grec spao, « extraire », et ageiro, « rassembler ». Célèbre philosophe et médecin alchimiste d’origine suisse, son art fut à la fois renommé et décrié, car si sa pratique de la médecine se combinait déjà à celle de l’alchimie, il y mêlait également occultisme et astrologie.

Paracelse est à l’origine, entre autre chose, de la Loi des Signatures (des Signes de la Nature), loi selon laquelle chaque plante a la forme de l’organe qu’elle soigne. A savoir que cette « forme » ne s’arrête ni à l’enveloppe matérielle de la plante, ni à ce que l’on peut percevoir avec les seuls sens physiques…

De ce qu'est le travail spagyrique, je ne le détaillerai par ici car le sujet est très vaste.  Disons que l'on pourrait brièvement dire qu'il consiste à extraire les Principes fondamentaux d'une plante (en général), de les purifier et les réunir à nouveau, afin d'obtenir sa quintessence.  Bien évidemment, cette définition de la Spagyrie est par trop succincte et ne rend pas hommage à l'Art, qui est bien plus que cela...

J'estime personnellement que l'art des senteurs tel que décrit par Patrick Süskind dans son fabuleux roman "le Parfum" (rien à voir avec le commerce actuel de la parfumerie moderne, malheureusement trop souvent superficiel et sans âme...) est une forme de Spagyrie (et ce même si les senteurs "protagonistes" de cette histoire ne sont pas issues de la flore).  Car après tout, une signature odoriférante, d'où qu'elle provienne, ne réveille t'elle pas ce qui sommeille au plus profond de chacun de nous?


J-B Grenouille à l'oeuvre dans l'adaptation cinématographique de "le Parfum" de P. Süskind

Tantra

Tantra est un terme sanskrit signifiant "trame". On peut donc aisément en faire un synonyme de voie, de destin, bref, de vie... Lorsque l'on parle de la voie tantrique, j'aime la nommé Tantra Yoga, c'est à dire la "voie de l'union", ou la voie par l'union.

Car oui, l'union est une autre manière de qualifier l'amour avant un grand A, et qu'est ce que la vie sinon la manifestation de l'Amour? Mais attention, l'Amour, le vrai, n'a que faire de la mièvrerie bisounours et de la sensiblerie larmoyante, ni ne se résume au sentiment amoureux ou à l'attirance sexuelle qui n'en sont, dans le meilleur des cas, que certains de ses "symptômes" (sans connotation négative), et dans le pire, désordre psychique.

Le Tantra, à l'instar de la Sorcellerie et de la Spagyrie (oui, tous synonymes, c'est pas beau ça?), est une voie de connaissance de soi.  Car on ne peut aimer sans s'aimer avant tout, et on ne peut s'aimer sans se connaître, s'accepter, s'assumer, et avoir un réel ascendant sur la vie qui nous habite. Le Tantra enseigne le lâcher-prise nécessaire à la maîtrise, qui donne fluidité et puissance, permettant l'éveil de la conscience et l'expérience de la Jouissance sur tous les plans.

Lorsque la voie tantrique s'imprègne d'érotisme et s'intéresse à l'éveil de l'énergie sexuelle, on parlera de Kama-Tantra, littéralement la "voie du désir". Désir et plaisir sont étroitement liés, et la dimension érotique sera ici utilisée comme levier (et non comme finalité) pour stimuler encore plus profondément l'éveil de la conscience, la puissance sensuelle, sexuelle et personnelle.

Le domaine est trop vaste pour tout résumer en quelques lignes, mais précisons cependant deux points sujets à idées reçues, amalgames bien commodes et raccourcis malvenus :

- Tantra n'est pas synonyme de sexe, pas plus que Kama-Tantra d'ailleurs. Le Tantra Rouge, qui intègre des pratiques sexuelles, n'est qu'une toute petite partie du Kama-Tantra, ce dernier étant lui-même une branche du Tantra. Sachant que le Tantra Rouge (accessible aux tantrikas de haut niveau) n'est pas du sexe tantrique, et que le sexe tantrique n'est pas du sexe pur et simple.  Vous suivez? ;)

- Tantra n'est pas non plus synonyme de massage, et encore moins de massage érotique.  Le massage tantrique est une discipline particulière pratiquée par certains tantrikas (non, le massage n'est pas un passage obligé lorsque l'on suit la voie du Tantra Yoga) qui souhaitent transmettre bienfaits énergétiques et psychiques par le biais du toucher. Sachant que seul un(e) tantrika ayant acquis, par son travail personnel, une maîtrise certaine de son psychisme et énergétique sera capable de prodiguer un massage Tantra digne de ce nom.

Shiva-Shakti ou l'union des polarités, du Masculin et du Féminin, de la Conscience et de l'Energie

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