mercredi 10 septembre 2014

De la Courtisane


Monica Bellucci dans "Le Pacte des Loups", la courtisane dans toute sa splendeur...

Je vous ai parlé de mon activité de courtisane (ici et ). A présent, un petite leçon de vocabulaire me semble nécessaire et tout à fait adéquat...

Commençons donc par une question propre à balayer tout équivoque : qu'est ce qu'une courtisane, et, surtout, qu'est ce qu'elle n'est pas ? (ceci peut bien entendu être mis au masculin, les femmes ne sont pas les seules à louer leurs charmes.)

Une courtisane est une dame « aux manières de la cour », c'est-à-dire une femme séduisante, de goût et de caractère, sachant se tenir en toute circonstance et faire preuve de discrétion, raffinée, cultivée et intelligente, séductrice piquante et pleine de charme, dépourvue de toute vulgarité.


Une escorte est, littéralement, une accompagnatrice. Elle propose donc ses services d'accompagnement aux hommes souhaitant une compagnie féminine lors de sorties diverses ou pour un moment intime, selon ce qui entre dans le cadre de ce qu'elle offre.


Une prostituée est une femme proposant des prestations sexuelles contre rémunération. Elle peut également faire de l'accompagnement, ceci-dit le sexe tarifié reste l'essentiel de son activité professionnelle. Généralement, on dit d'une prostituée qui se déplace avec ou chez le client (au lieu de le recevoir) qu'elle est une escort, ce qui est un raccourci du langage pouvant prêter à confusion (une escort ne se prostitue pas systématiquement, même si c'est souvent le cas à l'heure actuelle).

Une péripatéticienne est celle « qui aime se promener en discutant », et si le mot en lui-même n'a aucune connotation sexuelle, on l'a associé au racolage (action d'attirer des personnes à soi de manière explicite et crue) excercé par les prostituées de rue. Ceci-dit, la législation a étendu le racolage au fait de proposer ouvertement des prestations sexuelles, et ce via toute forme de support : sites internet, petites annonces sur le web, journeaux...

Une pute est, si on le traduit littéralement, une personne « sale, puante et nauséabonde » (du latin puta). Une prostituée n'est donc PAS une pute, l'hygiène et les moeurs douteux d'une personne ne sont pas inhérents au métier du sexe qu'elle pourrait excercer, ni à la sexualité en elle-même, tarifiée ou non. Il y a des gens sales, intérieurement et extérieurement, partout, même chez les abstinents ! Et si vous êtes de ceux qui trouvent le sexe sale, tabou et honteux, regardez-vous dans un miroir et allez vous faire soigner...

Il est important ici de faire la distinction entre « être » et « faire » :

La courtisane n'est pas un escorte mais fait, entre autre, de l'accompagnement. Sa compagnie ne se borne pas à faire acte de présence, aussi agréable et rafraichissante soit-elle, mais elle tisse une réelle relation interactive avec son client, sur le plan tant affectif qu'intellectuel. Ceci est une des raisons pour lesquelles la courtisane travaille principalement avec des habitués, donnant plus d'importance à la qualité qu'à la quantité, et s'investissant réellement et sur divers plans dans l'échange humain qu'elle crée.

La courtisane n'est pas une prostituée, ses services ne se bornent pas au sexe tarrifié, mais elle peut éventuellement se prostituer selon les attentes du client. En outre, tout comme l'escort stricto sensu et au contraire de la prostituée, le client paie pour le temps que la courtisane lui consacre, pas pour de quelconques prestations sexuelles.

La courtisane n'est en aucun cas une péripatéticienne. Elle peut en effet faire sa publicité via divers supports, cependant elle ne racole pas, mais propose son temps et sa compagnie. Ellet ne déambule pas non plus dans la rue de manière agguichante et dans une tenue provocante. Si vous la croisez, vous observerez son charme raffiné et pourrez même tomber sous son joug, mais jamais vous ne vous demanderez s'il s'agit là d'une prostituée ou même d'une simple escort. Elle a ce petit côté fascinant des femmes semblant inatégniable, mystérieuse et à l'assurance posée, qui ne laisse personne indifférent...

Enfin, est-il bien utile de préciser que la courtisane n'est pas une pute ? Entre toutes, son hygiène est plus qu'impeccable, tant au niveau du physique que du psychique : elle a appris à se connaître et à maîtriser son pulsionnel comme son émotionnel, elle a développé son affectif, son empathie et son intellect, et elle fait des jeux érotiques un véritable art de donner et de recevoir, dans le raffinement et la volupté pleins et entiers.


Je vous parlerai prochainement de la sexualité sacrée, et de ses praticiennes professionnelles : courtisanes et prostituées sacrées... Un programme à ne pas classer X !

2 commentaires:

  1. L'argent, la célébrité, l'ascension social sont les moteurs originaux des courtisanes. C'était utilisé l'homme comme un moyen. De nos jours j'y vois un danger car certains hommes pourraient se montrer violent, frustrés de se sentir dans la précarité d'une relation où l'ambition et l'argent sont les moteurs.

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    1. L'argent, la célébrité et l'ascension sociale sont des moteurs dans la plupart des professions, les métiers du sexe sont loin d'être les seuls concernés... Tout le monde manipule tout le monde, et ce pas forcément dans l'esprit de nuire, tout simplement parce qu'une relation quelle qu'elle soit implique des échanges et inter-actions pour exister et évoluer. En ce qui concerne la frustration que l'on peut en épouver, ma foi, n'oublions pas que dans toutes relations, il y a au moins deux protagonistes. A chacun de faire preuve de lucidité et de prendre la responsabilité de ses choix et actes ;)

      Pour ce qui est de la courtisane, pour autant qu'elle soit digne de ce titre, celle-ci fera irrémédiablement preuve d'une grande limpidité en ce qui concerne ce qu'elle offre (mise à disposition de son art d'aimer et de son expertise en la matière via transaction commerciale), et il sera toujours entendu d'avance que son « poste » de compagne pour un temps déterminé implique une rémunération à la hauteur du temps et de l'énergie qu'elle consacre à son client, et des bienfaits qu'elle lui apporte.

      On pourrait être choqué par le fait d'introduire un aspect financier au sein d'échanges affectifs. Pourtant, on ne s'offusque pas de la nourrice qui se fait payer pour garder des enfants qu'elle aime sincèrement, ou du vétérinaire qui soigne contre rétribution des animaux pour qui il se dédie tendrement. Et oui, on ne peut pas vivre d'amour et d'eau fraîche... alors autant gagner sa pittance en excercant une activité qui nous plaît et nous réussit, non ?

      Ceci-dit, si je déplore le manque de savoir-vivre et l'immaturité de certains hommes, je déplore encore plus le comportement discutable de beaucoup de séductrices, qu'elles se fassent rémunérer pour leurs charmes ou non. Ni mon art ni moi-même n'avons rien à voir avec ces dernières, je ne parle donc pas en leur nom ni ne les cautionne.

      De part et d'autre, il y a du travail à faire... c'est une des choses auxquelles j'ai fait le choix de me consacrer, dans l'espoir fou que ma goutte dans l'océan contribue à faire avancer un peu les choses :)

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