lundi 23 juin 2014

Du vampirisme au Vampyrisme


Aussi envoûtante soit-elle, cette "charmante" créature aux dents longues n'est que folklore...


Cet article fait suite à plusieurs emails et MP reçus via Facebook de la part de lecteurs et lectrices de ce blog, s'intéressant au Vampyrisme ou le pratiquant. Oui, à vous néophytes en la matière, je précise qu'il n'y a ici aucune faute de frappe : "vampyrisme" avec un Y !

Je m'explique donc sur cette orthographe originale, et pourquoi je l'utilise. Puis, pour contenter les demandes qui m'ont été faites en ce sens, je remettrai ici la définition (améliorée) de ce qu'est le Vampyrisme en tant qu'Art Majeur de la Sorcellerie, que j'avais donnée au sein d'un article écrit pour Dragon's Blood, revue éditée par un ancienne Loge de l'Ordre du Dragon Rouge, dont je faisais partie il fut un temps.

J'aime énormément la langue française, et la linguistique en général. Ainsi, je cherche toujours à user des mots justes afin de décrire mais aussi de désigner. Cela signifie que vous ne me verrez jamais ou rarement utiliser des termes qui, étymologiquement, traduisent autre chose que leur destination. 

D'autre part, j'évite d'utiliser ceux suscitant le doute ou l'association malvenue. Mais pour certaines raisons, il est parfois difficile de s'en passer... J'illustre par un exemple qui me concerne directement : le Tantrisme. Issu du sanskrit, ce terme désigne la voie d'évolution par l'éveil de sa puissance personnelle. Pourtant, presque systématiquement, on lui colle une étiquette hindouiste (voire bouddhiste) !

Parce que le sanskrit était (et est encore) utilisé en Asie, parce que les textes religieux, notamment ceux appelés "Tantras", de ces traditions sont écrits en sanskrit, et que donc on y parle (dans certains d'entre-eux) de "tantra" ou encore de "tantrika", le Tantrisme EST hindouiste à l'instar du Yoga... Non, non et NON ! L'éveil de sa puissance personnelle n'est assujetti à aucun courant religieux, à aucun dogme, à aucune langue ni couleur ! Tout comme la magie n'est ni blanche ni noire mais s'oriente en fonction de la main qui la manie.

"Tantrisme" est donc un terme prêtant souvent à confusion. Pourtant, je l'utilise... Pourquoi ? Car, en dehors du fait qu'il illustre parfaitement bien ce qu'il désigne* (le sanskrit est une langue bien plus riche que le français, ou toute autre utilisée actuellement), tout le monde ou presque en a déjà entendu parler et s'est familiarisé avec celui-ci. Quand je cause Tantrisme, on se dit "ah oui..." (même si c'est à côté de la plaque, pas grave, j'explique, j'ai l'habitude), on se sent en terrain connu, peu ou prou, et donc plus en sécurité. Et ce qui suscite la sécurité, suscite plus facilement la crédibilité. Je sais, c'est con, mais c'est comme ça. Donc, ceci explique cela...

Mais revenons à ce qui fait le sujet de cet article : le Vampyrisme.

Même si j'ai donc une nette préférence à l'usage des termes, dirons-nous, originaux (dans le sens de "premier"), il faut parfois s'adapter (s'adapter ou mourir, question d'évolution et donc de survie, vous vous souvenez ?) pour se faire mieux comprendre. Jusqu'à présent, j'ai toujours écrit ce noble Art Majeur de la Sorcellerie avec un "i", il semble temps à présent de troquer ce dernier contre un "y" du plus bel effet !

Vous vous doutez du pourquoi de cette différenciation : permettre de distinguer le folklore (vampirisme) de l'Art, de la philosophie de vie et de la pratique qui est censée (oui, parce que des guignols, il y en a - beaucoup - partout, et surtout - beaucoup - plus que de réels pratiquants...) aller avec (Vampyrisme). Pour plus de détails, je vous invite à lire cet article (du moins pour la "philosophie", côté pratique occulte je ne me prononcerai pas...).

Alors qu'entend-on, en matière de Sorcellerie, par Vampyrisme ? 

Tout être vivant pratique le vampyrisme (avec un petit « v », parce qu'il s'agit dans ce contexte de la pratique seule, et non pas de la philosophie de vie !) à un moment ou à un autre, c'est-à-dire s'adonne (consciemment ou non) à l'absorption de l’énergie vitale d'autrui (humain, animal, végétal, terrestre, universelle...). Par contre, peu sont d'authentiques Vampyres, car, même si chacun en a le potentiel, faudrait-il encore que l'on se donne les moyens d'y parvenir... Là, oui, la pratique d'absorption ne suffit pas, il s'agit d'un chemin d'évolution à part entière, et donc de travailler durement sur soi... C'est exactement pour cette même raison que les vrai(e)s Sorcier(e)s ne sont pas légion...

En quelque sorte, nous sommes donc tous épisodiquement des vampyres (avec petit « v », à nouveau, c'est-à-dire par la pratique uniquement. Je ne parle toujours pas de philosophie, ranger vos fourches et vos pierres...). 

A cela, il me faut encore préciser que les absolus n'existent pas, que cela plaise ou non (de toute façon, la Nature n'a que faire des mouvements de notre ego) : si certains, de par leur tempérament, seront en effet plus souvent victimes que prédateurs, et vice versa, il n'en reste pas moins vrai que tous, absolument TOUS (les vampyres comme les Vampyres !) seront une fois l'un, une fois l'autre. Vouloir radicalement séparer les deux facettes d'une même pièce est naïf et stupide, l'une étant nécessaire à l’existence de l’autre, tout comme le jour et liée à la nuit, la vie à la mort, l'homme à la femme, etc.

Le Vampyre digne de ce nom à conscience de cette réalité et en joue à son avantage : il connaît ses faiblesses (ses états de « victime ») et sait en tirer profit pour devenir plus fort (et « prédateur » de ses propres faiblesses qu’il dévore afin de se régénérer). En outre, lorsqu'il « nourrit » (de sa force vitale) autrui, il fera ce qu'il faut afin que cela ne soit ni définitivement malgré lui, ni à son détriment (nul n'est tenu à l'impossible, mais bel et bien au travail sur soi en vue d'évolution continue).

En d'autres termes, celui qui crie haut et fort (et se persuade) de n’être qu’un prédateur, et uniquement un prédateur (pensant à tord que le contraire est avilissant), est loin d’être le Vampyre qu’il croit. Celui là n’est en effet rien d’autre qu’une victime de lui-même, sous l'empire de ses faiblesses tant bien que mal occultées, s’essoufflant après la chimère qu’il croie incarner en vain...


* Littéralement, Tantrisme se traduit, à peu de choses près, par « la voie », « la trame ».


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