mercredi 3 octobre 2012

Premier élixir végétal, suite et fin


Le protagoniste : mon élixir de fleurs de pommier! 
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La phase de Dissolution, aussi appelée Solve, a duré plusieurs mois.  Traditionnellement, on compte au moins une lune (de phase à phase), mais on peut bien entendu élargir ce temps en fonction de son approche : ici, j’ai choisi de suivre ce que je ressentais de la plante plutôt que de fixer une date calendrier.

Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas ici d’une simple macération de fleurs de pommier, mais d’un travail spagyrique avec « l’esprit » de la plante, en tant qu’être vivant.  Il y a donc une forme de communication qui s’installe, non plus à l’aide des sens physiques mais de ceux plus subtils y correspondant.  Étrange direz-vous ?  Pas plus qu’une mère « parlant » avec le bébé qui évolue encore dans son ventre… Car oui, un élixir tel que celui-ci n’est autre que le fruit de l’union de l’opérateur et de la plante ! 

Jusqu’à l’été, mon Solve trôna sur ma table de chevet, juste au-dessus de ma tête.  Au réveil, c’est lui que je voyais en premier, et à l’heure du coucher, c’est lui le dernier à me saluer. Je méditais très régulièrement sur lui, et déjà à ce stade, de nombreux déclics se firent en moi. Puis, un beau matin, je sus que le jour était venu de passer à la phase suivante : la Calcination.

Comme pour se mettre au diapason de mon travail occulte, la saison se fit caniculaire : près de 40°C en Belgique, ce n’est pas ce qu’il y a de plus courant… En tout cas, une telle chaleur est pour moi un véritable calvaire !  D’autant plus dans une étuve telle que la capitale : lourdeur et humidité, mais pas un souffle d’air…

Après avoir séparé le liquide du solide, je mis mes fleurs dans une casserole en verre, à feu doux. La Calcination dura plus de huit heures.  Huit heures de fournaise, à l’intérieur comme à l’extérieur… En vérité, je vivais la Calcination tout autant que la plante ! Huit heures de méditation et d’invocations, et de manière tout à fait automatique (cela s’est donc imposé à moi sans actes volitifs de ma part), de longs états de transe entrecoupés par de nombreux rêves lucides.

Purifiés tous deux par le feu (la plante et moi-même), ce fut ensuite l’eau qui prit le relais, au travers de la phase de Lavation. Un peu d’eau préalablement consacrée (par divers pratiques occultes) délicatement versée sur les cendres devenues blanches, le tout passé au travers d’un fin tamis avant d’être remis sur le feu, quelques minutes de religieuse et patiente observation, alors que la fine pellicule d’eau s’évaporait petit à petit, et, progressivement, de diaphanes cristaux apparurent enfin … Aucun mot ne pourrait décrire toute la beauté de ce moment !

C’est cette fois un tout petit peu de l’alcool imprégné mis de côté qui fut versé sur les cristaux et ensuite réintroduit dans le Solve, cette opération étant réitérée jusqu’à ce que tous les cristaux soient récupérés.  Une nouvelle phase, ponctuée par des invocations appropriées, était accomplie : la Coagulation, ou Coagula.

Mon élixir de pommier en devenir bien fermé, je l’avais « réinstallé » dans ma chambre, là où je savais qu’aucun regard autre que le mien ne se poserait en lui… La phase de Mûrissement avait débuté : il pouvait à présent tranquillement s’épanouir, de mois en mois, entourés par mille et un soins (occultes, évidement) attentionnés de ma part.

Enfin, lorsque je sentis l’élixir prêt à éclore, se fit l’Ouverture… et pour la première fois, je pus le goûter pleinement…


Remarque : comme dit dans le premier article de cette série, il s'agit ici d'un partage d'expérience et non d'un cours de spagyrie.  J'invite ceux désireux d'en savoir plus à lire le livre de Viviane Le Moullec "Nos amies les plantes", et/ou de prendre patience, je proposerai mon enseignement en temps utile...

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