En dehors des articles dont je cite la source, je reste l'auteur des textes publiés sur ce site. Si vous souhaitez me citer sur votre propre site internet (ou autre média), veuillez mentionner mon nom complet (Svava Aëglun) et faire un lien vers De Sève et d'Humus, le journal d'Ambronyx. Merci à vous!

jeudi 17 avril 2014

L'orgueil (humain) qui rend con...




Tout récemment, un nouvel amendement socialiste a été adopté : le statut juridique des animaux passe de celui de « bien meuble » à celui de « être vivant doué de sensibilité ».  Eh bien, c’n’est pas trop tôt !

J’en profite pour faire suivre un article de presse récent paru sur maxsciences.com, relatant, je cite, l’émouvant comportement d’un ouistiti face à sa compagne mourante :

Un couple de ouistitis a été repéré dans les forêts brésiliennes alors que le mâle tenait sa partenaire dans les bras après que celle-ci est tombée d'un arbre. La femelle est restée en vie pendant plus de deux heures, alors que le mâle surveillait les alentours et repoussait les curieux.


Les ouistitis seraient-ils capables de pleurer la perte de leur moitié ? La vidéo d'un mâle ouistiti enlaçant tendrement sa partenaire mourante est "stupéfiante", selon les experts. La scène déchirante a été filmée au Brésil, alors que des chercheurs suivaient le couple de singes, ensemble depuis plus de trois ans et sur le point d'accueillir un petit.

Selon les scientifiques, au cours des mois suivant la mort de la femelle, le mâle aurait quitté son groupe social et n'aurait pas été aperçu depuis. Cet étrange comportement a été relaté dans la revue Primates. Jusqu'à présent, seuls les humains et les chimpanzés apportaient des soins aux individus adultes mourants.

Un couple solide

Les deux singes ont été repérés par une équipe de l'Université de Bristol alors qu'ils observaient des ouistitis communs vivant dans une forêt de la façade atlantique, au nord-est du Brésil. F1B, la femelle dominante du groupe, enceinte, gisait sur le sol, se battant pour sa vie. Elle est restée dans cette position pendant plus de deux heures, après être tombée d'un arbre.

"Le comportement le plus remarquable est venu du mâle dominant M1B", rapportent les chercheurs, repris par le Daily Mail. En effet, à la minute même où ce dernier a repéré sa partenaire, il a immédiatement laissé ses deux petits dans un arbre avant de prendre délicatement la femelle dans ses bras. Il s'est ainsi occupé de sa moitié pendant ses dernières heures, en guettant les éventuels prédateurs et en tenant à l'écart les autres ouistitis curieux.

M1B a également interagi avec sa partenaire en la câlinant et en posant sa tête près de la sienne avant qu'elle ne meure. S'il est tentant de voir dans ce comportement l'émotion humaine du chagrin, les scientifiques préviennent qu'ils ne savent pas encore comment les primates perçoivent la mort.

En effet, au cours de l'agonie de la femelle, le mâle a tenté de s'accoupler. D'après BBC Nature, M1B était probablement très stressé ou alors il tentait peut-être de renforcer les liens sociaux avec sa partenaire pendant l'accouplement.

Mais voici le plus intéressant :

Le deuil chez les animaux

Jusqu'à il y a une dizaine d'années, les scientifiques estimaient que le deuil était un trait observé uniquement chez les humains. En réalité, ce comportement s'observe chez les primates, mais également chez d'autres animaux, qui ne sont pas forcément des mammifères.

En 2010, des chercheurs ont rapporté que les pies, connues pour leur intelligence, semble pleurer leurs morts mais réalisent aussi des rites funéraires. Dans un des cas, quatre pies se sont relayées auprès du corps de l'une d'entre elles. Deux se sont envolées pour rapporter des brins d'herbe qu'elles ont déposés près du corps, comme des fleurs.

Les scientifiques ont également observé un comportement similaire chez les éléphants. Si leur chagrin est surtout lié à la perte, les éléphants se regroupent souvent autour du corps pendant des semaines, le caressant de leur trompe en pleurant. Une récente vidéo issue d'un documentaire de la BBC montre également une femelle manchot empereur pleurer son petit mort.

Alors, où est-ce que je veux en venir ?  A ceci :

« Jusqu'à il y a une dizaine d'années, les scientifiques estimaient que le deuil était un trait observé uniquement chez les humains. En réalité, ce comportement s'observe chez les primates, mais également chez d'autres animaux, qui ne sont pas forcément des mammifères. »

Et paf !! Comment l’humain peut-il être prétentieux au point de croire qu’il est le seul être vivant à avoir développé des moyens de communication complexes, qu’il est le seul doué d’intelligence et de sensibilité, entre autres choses ? Plus ça va, plus on fait des découvertes qui nous clouent le bec…

Je vous le dis, l’orgueil (démesuré), parfois (souvent), ça rend (très) con !


Rendez-vous sur Hellocoton !