mercredi 22 avril 2015

Fifty shades of Grey




Comme promis, je vous fais un petit article sur le film phare du moment... et la déception qu'il a suscité chez pas mal de monde. Je suis d'accord avec l'avis général : ce film ne casse pas des briques, on aurait pu espérer mieux. Ceci-dit, je ne m'attarderai pas sur ce point, suffisamment d'internautes s'en chargent déjà sur la toile. Parfois même avec un acharnement, un véhémence qui me surprend quelque peu... soit...

Mon retour ira à contre-poil de la majorité des spoilers que l'on trouve sur les blogs, fora, etc. Entre autres sur un point précis : tout le monde, ou presque (j'imagine, car tout ce que j'ai pu lire va dans ce même sens) s'est apparemment donné le mot, l'actrice qui joue Anastasia, la jouvencelle qui tombe dans les filets de Grey, est ridicule, à force de frémir dès que ce dernier la frôle, de se mordiller fébrilement la lèvre inférieure lorsqu'il pose les yeux sur elle, et tutti quanti.

Pour ceux qui n'ont pas vu le film, y est retracé la rencontre entre une étudiante en littérature et un jeune et beau milliardaire torturé. Ce dernier ne parvient pas à avoir une relation amoureuse autre que sadomasochiste, et tente désespérément de persuader l'élue de son cœur de se soumettre à sa domination et sévices.

Voici donc les deux points qui feront le sujet de cet article : les relations SM et l'état amoureux.

Les relations SM

Les tendances sexuelles et la manière dont certains ont de manifester leur sentiments et affection au sein du couple n'ont rien de condamnables, pourvu que les intéressés soient pleinement consentants, que ce type de relation leur soit épanouissante et serve leur évolution personnelle. Et ceci malgré les préjugés ou incompréhension de leur entourage, direct comme indirect.

C'est le problème de ce film : ceux qui ne connaissent pas le milieu du SM, toute orientation confondue, s'imagineront rapidement qu'une telle relation ne peut être que déséquilibrée, à l'image de Grey harcelant Anastasia pour qu'elle consente à se soumettre à lui, ce qui n'est clairement pas à son goût. Autrement dit, on peut très bien avoir une relation à la fois différente et épanouissante, chose très personnelle à chacun, et qui ne souffre aucunement le jugement d'autrui.

L'état amoureux

On pointe du doigt l'attitude « godiche » d'Anastasia, qui, donc, se mordille sans cesse la lèvre lorsqu'elle est avec Grey ou pense à lui, frémit lorsqu'il s'approche et la frôle, manque de tourner de l'oeil lorsqu'il pose la main sur elle, etc. Ok, ok... Dites-moi, avez-vous déjà pris le temps de vous observer lorsque vous êtes amoureux, totalement épris, ou disons le de manière très appropriée pour le coup, « gaga » d'une femme ou d'un homme ? Oserez-vous affirmer, en toute honnêteté, qu'en de telles circonstances vous n'avez aucun « tics amoureux » ? Aucun frisson ne vous parcoure lorsqu'il ou elle vous regarde, vous touche, vous embrasse ? Votre coeur ne s'accélère t'il pas, votre main ne tremble t'elle jamais, vos yeux ne papillonnent t'ils pas ? Mmmmh ?

Ceci est, cette fois, tout l'intérêt de ce film (et j'ai envie de dire le seul intérêt...) : une ode à l'état amoureux. J'ai bien dit à l'état amoureux, et non à l'Amour, c'est-à-dire à ce déferlement de sentiments et d'émotions, ce submergement délicieux et extatique qui, s'il nous emporte trop loin, peut nous mener à la folie. A nous de ne pas « tomber », mais « être » !

Alors, en conclusion : au diable le ridicule (pour autant que vous le soyez à d'autres yeux que les vôtres), il n'a jamais tué personne... soyez fous, soyez libres, soyez amoureux !!