mercredi 3 août 2016

Aimons-nous, bordel !




On veut que les choses changent, c'est bien. On agit, c'est encore mieux. Mais le problème persistera tant que l'on se bornera à "l'allopathie sociale", c'est-à-dire soigner les symptômes plutôt que remonter à la source du problème. Parce que c'est plus facile et accommodant, parce que ça demande moins d'efforts (sur soi) et donne des résultats rapides. Résultats qui ne persistent jamais bien longtemps et aggravent généralement les choses. Mais ça n'entre apparemment pas en ligne de compte. On dit que seul l'âne ne butte pas deux fois sur la même pierre. En effet, l'homme, lui, y reste même à demeure.

Ce n'est pas parce que l'on est croyant que l'on se fait forcément exploser au milieu d'une foule et que l'on bigote sans relâche. Et ce n'est pas parce que l'on est athée que l'on n'accorde forcément aucun sens à la vie, que l'on n'a pas de morale ni de valeurs. Les uns et les autres se perdent lorsqu'ils s'adonnent au prosélytisme totalitaire, parce que refuser la diversité des chemins de vie 
fini bien vite par créer frustration et générer de la haine.

Ce n'est pas parce qu'on mange la viande qu'on en a rien à foutre du bien-être animal et que l'on ne lutte pas contre la cruauté envers celui-ci. Et ce n'est pas parce qu'on est vegan que l'on est au-dessus de tout soupçon, parce que le respect et l'amour qui ne se bornent qu'à une seule forme de vie ne peut être complet et fini bien vite par créer frustration et générer de la haine.

On pourrait parler d'autres mouvements de masses, je m'arrête sur ces deux là parce que ce sont les thèmes qui reviennent le plus souvent sur les réseaux sociaux. Donc inutile de vous sentir visés si vous êtes croyants ou athées, ou vegan ou pas. Je ne vise personne, je résume simplement l'état des lieux, afin de pointer le nœud du problème : on ne s'attache qu'aux symptômes, au lieu de remonter à la source. Et de telle manière, la blessure ne guérira jamais.

Si on veut que les choses changent vraiment, il faut d'abord apprendre à s'aimer. Et s'aimer, c'est se connaître dans les moindres détails, se comprendre, s'assumer, se prendre en main, travailler sur soi et grandir. Parce qu'aimer l'autre, non pas amoureusement, filialement, sexuellement, et tutti quanti, mais aimer VRAIMENT, sans jugement ni condition, sans mièvrerie mais avec lucidité, ce n'est possible que si l'on s'aime soi-même, que l'on s'aime VRAIMENT. Non pas aimer l'apparence, l'appartenance, la forme, le règne, l'incarné, la matière. Non pas non plus excuser et nier les fautes de l'homme et se courber devant ses caprices. Mais aimer la vie, et aimer parce que l'objet de notre amour est animé de cette vie. Aimer la vie, pas la chair.  Aimer la vie, la reconnaître, l'accueillir, la respecter, l'honorer et la servir. Y compris la vie qui NOUS anime. Car comme le disait Albert Einstein "Se sacrifier au service de la vie équivaut à une grâce". Tout simplement.

Pour aimer, il faut s'aimer. Le changement, cela commence pas soi. Alors au boulot!